Voiture, achat en ligne… nos conseils pour éviter les arnaques

A l’approche de Noël, la quête du cadeau le plus beau – ou le moins cher – fait souvent commettre des imprudences aux consommateurs. Selon une récente étude de la société de cybersécurité Norton, près de 1 Français sur 10 se dit ainsi prêt à cliquer sur un lien douteux, du moment qu’il semble mener vers une bonne affaire sur des produits technologiques. Et plus de 40% d’entre eux admettent avoir déjà effectué, pendant les fêtes de fin d’année, des actions susceptibles de mettre en danger, d’une manière ou d’une autre, leurs données personnelles ou leur vie privée. Nul doute que cette année, le contexte inflationniste va fortement accroître cette tendance.

Et pourtant, comme le montrent les lignes suivantes, les pièges ne manquent pas sur Internet, depuis les produits défectueux, voire dangereux pour la santé, jusqu’aux annonces d’emploi frauduleuses. Mais la vie réelle, elle aussi, réserve quelques mauvaises surprises, à l’image de ces faux dossiers de location, parmi lesquels les bailleurs doivent faire le tri, ou de ces épaves sur roues, déguisées en véhicules d’occasion. Mais pas de panique, vous trouverez aussi les solutions les plus efficaces pour éviter de tomber dans le panneau.

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Des dossiers de locataires trop beaux pour être vrais

Les Français auraient-ils gagné en compétence numérique à l’occasion des confinements, et appris à manipuler Photoshop? Toujours est-il que la fraude aux dossiers de location remis aux bailleurs ne semble pas ralentir. «Au premier semestre 2022, 1 candidature sur 5 comportait un élément falsifié en Ile-de-France, et 1 sur 10 dans les autres régions», assure Arnaud Hacquart, président de l’agence en ligne Imodirect. Plutôt inquiétant pour les propriétaires. «Le phénomène se fait massif partout où le marché est tendu et les montants des baux élevés», souligne-t-il.

Si les fraudeurs n’hésitent pas à falsifier leurs avis d’imposition, pour en revoir à la hausse les montants, ou même à s’inventer de faux garants, ils se concentrent en priorité sur les fiches de paie. Logique, car celles-ci permettent de déterminer si le locataire gagne, comme c’est la règle, au moins trois fois le loyer exigé. Pour rassurer les propriétaires, certains n’hésitent pas, en plus, à modifier leurs dates d’entrée en CDI, de sorte à augmenter leur ancienneté en poste.


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Bien sûr, tous ces locataires indélicats ne sont pas de mauvais payeurs, ils cherchent juste à faire remonter leur dossier sur le haut de la pile, pour accéder à un toit. Mais ce type de comportement peut tout de même leur valoir, en théorie, jusqu’à 45000 euros d’amende et trois ans de prison pour faux et usage de faux.

Pour s’en prémunir, il reste possible de passer par une plateforme comme Zelok, ou par des logiciels qui authentifient automatiquement les documents. Ces outils recoupent les divers éléments remis avec des données externes, comme le registre du commerce, par exemple, pour vérifier que l’employeur mentionné existe bien. Et parviennent de la sorte à attribuer à chaque dossier un indice de confiance.

Respecter quelques consignes de bon sens peut aussi servir. «Nous recommandons de demander la remise en mains propres des documents originaux, en plus des photocopies, indique Laetitia Caron, directrice générale de Particulier à Particulier. Mais aussi de joindre les services de ressources humaines de l’employeur, pour vérifier que la personne est bien salariée.» Un détour par le site du Svair (Service de vérification des avis d’impôt sur le revenu) est aussi conseillé. Il permet, en renseignant simplement le nom et le numéro fiscal figurant sur l’avis d’imposition remis, de vérifier que les données communiquées correspondent.

Des voitures d’occasion complètement trafiquées

Avec 6 millions de voitures vendues en 2021, le marché du véhicule d’occasion ne peut qu’attirer les arnaqueurs. Selon la Répression des fraudes (DGCCRF), en 2018, près des deux tiers des vendeurs professionnels étaient en infraction. Parfois par méconnaissance de leurs obligations, mais aussi, il faut bien le reconnaître, par volonté de tromper les clients les moins attentifs. Certains de ces propriétaires n’hésitent pas à remettre sur le marché des véhicules accidentés, en omettant de préciser leur provenance, ou en produisant des contrôles techniques de complaisance. Sur la foi d’un tel document, notre témoin, Alex Desavoye, s’est ainsi retrouvé au volant d’une épave, tout de même payée 2.000 euros.


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Mais la fraude la plus répandue reste sans conteste celle du compteur kilométrique trafiqué. D’après les statistiques de CarVertical, une plateforme de vérification de l’historique des véhicules, ce phénomène concernerait 11% des transactions en France. «C’est un sport national», confirme Pierre Chasseray, délégué national de l’association 40 millions d’automobilistes. Une telle arnaque a bien évidemment un coût. «Une voiture avec 200.000 kilomètres réellement au compteur, plutôt que 50.000, nécessite forcément des réparations importantes», souligne-t-il. Quand le véhicule ne devient pas simplement inutilisable.

Heureusement, quelques solutions existent pour débusquer les fraudeurs. Le service public gratuit HistoVec, en lien avec les registres du ministère de l’Intérieur, permet par exemple de consulter les faits marquants concernant tout véhicule immatriculé depuis 2009, comme sa date de première mise en circulation, les accidents graves qu’il a pu subir, ou les kilométrages relevés lors de ses contrôles techniques. Le certificat d’immatriculation suffit pour accéder à ce service: si le vendeur refuse de vous le communiquer, fuyez.

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Sachez toutefois que cette base de données ne recense pas les véhicules importés. Mieux vaut de toute façon éviter ce type de voitures, car 30 à 50% d’entre elles présentent des compteurs manipulés, d’après le Parlement européen. En complément, pensez aussi à inspecter attentivement toute trace d’usure, sur le volant, les pédales et les sièges. «La méga-affaire à prix imbattable n’existe pas», conclut Pierre Chasseray.

Même Pôle emploi reçoit des annonces frauduleuses

Il ne fait pas bon vouloir trouver un job sur les réseaux sociaux ou certains sites spécialisés. Derrière de petites annonces en apparence anodines (pour un travail de mise sous pli à domicile, par exemple) se cachent en effet parfois de belles entourloupes. La plus classique? Celle consistant à demander au postulant d’avancer des frais par virement, que le prétendu employeur rembourse ensuite avec un chèque… impossible à encaisser. Parfois, les faux recruteurs se contentent d’exiger des données personnelles, notamment bancaires. Dont ils se serviront ensuite pour effectuer des transactions.

Pôle emploi lui-même n’est pas à l’abri de ce type de fraudes. L’organisme permet en effet aux entreprises, depuis 2012, de diffuser directement leurs offres d’emploi sur sa plateforme. Et si Pôle emploi a proposé 3 millions d’annonces en ligne au second semestre de cette année, il en avait reçu initialement davantage. Autant de fausses offres, éliminées car suspectes. «Un algorithme prédictif du risque de fraude vérifie systématiquement toutes les annonces, à leur création mais avant publication. Et la procédure est renouvelée en cas de modification de l’offre d’emploi», précise un porte-parole de l’organisme.


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Des analystes assurent également un contrôle aléatoire des annonces. Le taux de rejet varie dans le temps: il était de 2,5% en avril dernier et de seulement 1,3% en octobre. «Mais les fraudeurs s’adaptent en permanence à nos contre-mesures», constate l’établissement public. Il arrive par exemple que des cybercriminels usurpent l’identité de véritables entreprises, dont ils ont récupéré les identifiants de connexion. Même lutte du côté du réseau social professionnel LinkedIn. L’acteur américain ne communique pas de statistiques spécifiques à la France, mais assure que, de manière générale, 96% des faux comptes et 99,1% des spams et des escroqueries sont interceptés avant leur mise en ligne.

Pour se protéger, le groupement d’intérêt public qui pilote le site Cybermalveillance.gouv.fr recommande aux candidats de se méfier des recruteurs opérant depuis l’étranger, des annonces émaillées de fautes d’orthographe, ou des adresses mail comportant le nom de domaine avant l’arobase. Et, bien évidemment, de ne jamais transmettre ses coordonnées bancaires ni d’avancer de l’argent à un potentiel employeur, même très enthousiaste!

Des produits vendus en ligne dangereux pour la santé

La statistique fait froid dans le dos: selon la Répression des fraudes, en 2020, près de 60% des produits vendus sur des places de marché en ligne étaient non conformes à la réglementation en vigueur. Et 32% d’entre eux étaient carrément dangereux pour la santé. Un taux sensiblement supérieur à ceux habituellement constatés dans les circuits de vente traditionnels. Jouets, cosmétiques ou détecteurs de fumée, peu de marchandises ont trouvé grâce aux yeux des enquêteurs. Et cela a même valu au site et à l’application d’origine américaine Wish d’être déréférencés des résultats de moteurs de recherche, comme des magasins d’applications, en novembre 2021. Comme le raconte notre témoin Laurent Amar, se laisser séduire par de telles offres peut mettre gravement sa santé en danger.


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Alors que, sous l’effet de la pandémie, l’activité de l’e-commerce a encore bondi de 15,1% en 2021, d’après la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance (Fevad), il faut donc redoubler de prudence. «Vêtements, canapés, tous les produits de la vie courante y passent. Mais comme il s’agit souvent d’achats de petits montants, seul un faible nombre de victimes nous contactent, malgré l’ampleur du phénomène», explique Guy Grandgirard, président de l’association de consommateurs ADC France.

Si vous vous êtes fait piéger, il reste possible d’émettre un signalement sur le portail Pharos, et même de porter plainte pour délit d’escroquerie grâce au dispositif Thesee. Et, si vous avez un doute avant de réaliser un achat en ligne, vous pouvez utiliser un service comme France Vérif. Cet outil gratuit scannera à votre demande la page Web du produit, pour vérifier la fiabilité du vendeur comme de la marchandise.


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Des influenceurs du Web aux conseils plus que bidon

Rares sont les fameux influenceurs, actifs sur les réseaux sociaux, à ne pas avoir cédé à la tentation du «dropshipping» (livraison directe). Une nouvelle tendance de l’e-commerce, qui consiste à conseiller des produits à la vente, via des messages Facebook, Instagram ou Snapchat. Au besoin en attribuant des bons de réduction aux internautes abonnés du compte. Une pratique anodine? Détrompez-vous: les sites de vente recommandés par ces personnalités du Web ne sont la plupart du temps que des vitrines virtuelles, qui ne détiennent pas le produit en stock.

Chaque commande d’internaute en suscite donc instantanément une seconde, cette fois passée chez un fournisseur officiel. Le système, peu risqué pour les sites, l’est pour les consommateurs. Ceux-ci sont non seulement susceptibles de payer plus cher leurs achats (il faut bien que le site vitrine prenne sa marge), mais risquent en plus d’être confrontés à des problèmes d’indisponibilité. Et enfin, la qualité de ces produits laisse, on l’a vu, plus qu’à désirer.


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Et ne comptez pas sur les influenceurs pour vous assurer du sérieux des vendeurs qu’ils mettent en avant, ni pour tester les produits en cause! «Faites attention à ce que vous recommandez», leur avait même lancé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, il y a un an. Marc Blata a ainsi vanté les mérites de prétendus écouteurs AirPods Pro à 18 euros, qui n’étaient en fait que de la contrefaçon, les originaux coûtant plus de 200 euros. Avant d’acheter, faites plutôt confiance à l’outil Antidrop. Il permet de vérifier automatiquement si le produit est disponible ailleurs, de retrouver son tarif initial et de voir s’il suscite des commentaires négatifs.

Les recours pour les victimes sont, eux, limités. «Vous ne pourrez pas vous retourner contre l’influenceur si le produit ne correspond pas à sa description. Et devrez prendre contact avec le vendeur. A moins qu’il ne fasse la promotion de sa propre marque», avertit Lion-Joed Char, juriste au Centre européen des consommateurs France. Encore faut-il qu’un service après-vente existe!


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Cela n’exempte pas pour autant les influenceurs de toute responsabilité. «La loi comme la législation européenne les obligent à mentionner qu’ils font la publicité d’un produit», fait observer notre juriste. La star de téléréalité Nabilla a ainsi été condamnée en 2021 à 20.000 euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses. Elle n’avait pas mentionné qu’elle était rémunérée pour promouvoir sur Snapchat un site spécialisé dans la vente et l’achat de bitcoins, laissant entendre à tort qu’elle partageait son expérience de façon désintéressée.

Des piratages de moyens de paiement toujours plus astucieux

Un montant en hausse de 8,5% sur un an, à près de 1,2 milliard d’euros: voilà, selon le dernier rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le total des paiements fraudés en 2021 par le biais de chèques détournés, de cartes bancaires piratées ou de virements suspects. Certes, sur la même période, du fait de la reprise postpandémie, les flux de paiements ont progressé deux fois plus vite. Mais cela n’empêche pas l’Observatoire de prévenir: «La numérisation des usages s’accompagne de nouvelles menaces sur les moyens de paiement, avec une croissance marquée des escroqueries et des modes opératoires reposant sur la manipulation.»


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Parmi ces nouvelles techniques, plutôt que le mail d’hameçonnage, les fraudeurs préfèrent désormais le coup de fil direct à leur victime, durant lequel ils se font passer pour un conseiller bancaire, chargé d’empêcher de prétendus mouvements suspects sur le compte. Les annulations de paiement qu’ils enjoignent alors d’envoyer, via SMS, leur permettent en réalité, à l’inverse, de valider des transactions frauduleuses en ligne, réalisées avec les coordonnées bancaires de la victime. Un piège d’autant plus redoutable que, dans le cas de telles tromperies, où la victime collabore à son arnaque, les banques refusent le plus souvent de rembourser leurs clients!

Ces méthodes de manipulation fonctionnent aussi en matière de virements, puisqu’elles seraient, selon l’Observatoire, à l’origine de 59% des montants fraudés par ce biais en 2021. Faut-il le rappeler? Pour éviter tout piratage de ce type, ne transmettez jamais vos coordonnées bancaires en réponse à un mail, à un SMS ou à un appel téléphonique. Et vérifiez que le site sur lequel vous effectuez un paiement est bien sécurisé avec le protocole «https» qui apparaît dans l’URL.


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Témoignages

  • «La marchandise commandée était contrefaite et dangereuse.»

Laurent Amar, fondateur de France Vérif

Ancien P-DG d’Emova Group (Monceau Fleurs, Au nom de la rose), Laurent Amar n’est pas né de la dernière pluie en matière de pratiques numériques. Si bien qu’il y a quelques années, au moment d’acheter en ligne les liquides de sa cigarette électronique, il pense à vérifier la réputation du site, sur le service Trustpilot. Les arômes sont naturels et la marque française: il commande les produits. Ils lui causeront de graves problèmes respiratoires, que les médecins, trois mois après un diagnostic de cancer, finiront par attribuer à une intoxication, due aux produits inhalés.

Contrefaits, ceux-ci contenaient des métaux lourds comme du mercure. Sa plainte n’aboutira jamais, la justice ne parvenant pas à identifier les coupables basés à l’étranger. L’ex-P-DG ressort meurtri par cette expérience. «J’ai cru que je n’allais pas voir grandir mes enfants», se rappelle-t-il, ému. Cette épreuve l’amènera à créer en 2021 France Vérif, un service d’intelligence artificielle qui scanne les pages Web, détecte les fraudes, et totalise déjà 1 million d’utilisateurs.

  • «Le contrôle technique avait été entièrement falsifié»

Alex Desavoye, 63 ans, aide-soignant en Normandie

Alex Desavoye jongle entre deux métiers: aide-soignant à domicile et animateur. Lorsque la voiture de sa femme flanche fin 2018, c’est la panique. Elle travaille dans un hôpital à 30 kilomètres de chez eux et doit être véhiculée. Ils repèrent alors une annonce sur Leboncoin: une Mercedes 250 turbo diesel vendue par un professionnel, et dont le contrôle technique atteste le très bon état, pour un prix imbattable de 2.000 euros. Ils se précipitent en Seine-et-Marne pour l’acheter, mais s’aperçoivent ensuite qu’elle ne réagit pas comme il faudrait. Ils lui font passer un second contrôle technique.

Et là, surprise: amortisseurs, châssis, pneus, rien ne va, c’est une épave. La faire réparer coûterait plus cher que son prix. Alex se lance dans une procédure judiciaire sans avocat, qui va durer deux ans. Il finit par toucher 500 euros de dommages et intérêts de la part du centre de contrôle technique. Le concessionnaire, lui, n’a jamais répondu aux convocations et a mis la clef sous la porte. «Je suis révolté que de pareils escrocs puissent agir en toute impunité. Ce sont toujours les plus pauvres qui se font avoir parce qu’ils achètent à petits prix et n’ont pas les moyens d’être bien assurés», s’indigne-t-il.

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