Election Présidentielle 2022 : quel candidat a le meilleur programme sur le numérique ? – LeBigData.fr

Quel candidat à l’élection présidentielle 2022 propose le meilleur programme pour le numérique ? Afin d’aiguiller votre vote, découvrez la réponse à travers notre comparatif des propositions de chaque parti.

Face aux enjeux colossaux, le numérique représente un sujet d’avenir. Le Big Data est le nouveau pétrole, la cryptomonnaie révolutionne l’économie, et nous pourrions bientôt migrer massivement dans le métavers.

À l’heure où les cyberattaques peuvent faire trembler les plus grandes puissances mondiales, cette thématique aurait dû être un sujet majeur des élections présidentielles 2022. Pourtant, force est de constater que la technologie est restée absente des débats de la campagne.

La seule véritable confrontation sur ce thème entre les candidats a eu lieu le 9 mars 2022, lors d’un grand oral de deux heures organisé par le collectif Convergences Numériques. Chaque candidat avait cinq minutes pour présenter son programme sur le numérique, puis dix minutes pour répondre aux questions.

Les candidats Valérie Pécresse, Nicolas Dupon-Aignan, Yannick Jadot, Éric Zemmour et Anne Hidalgo ont accepté de participer. De leur côté, Jean-Luc Mélencbon et Emmanuel Macron étaient respectivement représentés par le député Bastien Lachaud et le secrétaire d’État à la Transition Numérique et aux Communications électroniques Cédric O. Tous les candidats ont insisté sur plusieurs priorités : le renforcement de la souveraineté numérique de la France et de l’Europe, la protection des données, ou encore le soutien apportés aux entreprises et startups françaises du secteur. Toutefois, les mesures proposées divergent.

À travers ce dossier, nous vous proposons un comparatif des programmes des candidats à l’élection présidentielle 2022 sur le numérique. Découvrez les principales propositions de chacun, afin d’identifier le plus compétent sur cette thématique.

Emmanuel Macron : métavers européen et éducation au numérique

De manière générale, Emmanuel Macron compte  » investir massivement dans l’innovation « . Sa priorité est aussi de protéger les entreprises et les citoyens français, par le biais d’une régulation des grandes plateformes.

À travers son programme présenté le 17 mars 2022, le président candidat exprime sa volonté de  » bâtir un métavers européen « . Son objectif est de permettre  » à tous nos créateurs de créer et de ne pas dépendre d’agrégateurs anglo-saxons et chinois qui pourront contourner les règles du droit d’auteur et du droit voisin « . La souveraineté est donc une priorité à ses yeux.

Toutefois, on peut penser qu’Emmanuel Macron perçoit davantage le métavers comme un  » buzzword « , une mode sur laquelle surfer pour sa campagne, que comme un véritable enjeu pour le futur du numérique.

En effet, LREM avait promis une retransmission du meeting du 2 avril en direct dans le métavers, mais les internautes attirés par le concept ont dû se contenter d’une vidéo YouTube diffusée sur un serveur Minecraft au sein duquel le tchat était désactivé. L’illustration parfaite d’une utilisation superficielle du concept de métavers, exploité uniquement à des fins de marketing.

Parmi les autres mesures de Macron pour le numérique, on compte la mise en place d’un contrôle parental des écrans par défaut et d’un renforcement de la lutte contre le harcèlement sur Internet. Le but de ces mesures est de protéger les plus jeunes face aux dangers d’internet.

Afin de stimuler l’innovation, le président compte aussi achever la couverture de la France en fibre optique d’ici 2025. Il envisage aussi d’investir massivement dans l’innovation agricole à travers la robotique, le numérique ou encore la sélection variétale.

Dans le but de former la jeunesse, Emmanuel Macron veut aussi généraliser l’enseignement du code informatique et des usages numériques à partir de la 5e. Il prévoit aussi la mise en place de 20 000 accompagnateurs pour aider les Français à maîtriser les outils numériques pour leurs démarches quotidiennes. En parallèle, il veut aussi proposer des expériences en réalité virtuelle liées aux musées, au patrimoine et aux nouvelles créations.

Face aux dangers de cybersécurité, le président veut mettre en place un filtre anti-arnaques permettant d’avertir tous les internautes en cas de visite d’un site potentiellement dangereux. Il compte aussi recruter 1500 cyberpatrouilleurs, et déployer un numéro joignable en permanence pour recevoir des conseils et un accompagnement sur la cybercriminalité.

Eric Zemmour : stablecoin euro, cybersécurité et administration 2.0

Aux yeux d’Éric Zemmour, annoncé gagnant par l’IA Qotmii, le numérique doit être «  un outil de prospérité et de rayonnement pour la France « . Il propose notamment de ne pas laisser les grandes puissances extra-européennes s’emparer du monopole des stablecoins. L’une de ses mesures phares est le développement d’un stablecoin euro par le secteur privé européen, sans attendre le projet d’euro numérique de la Banque Centrale Européenne.

Le candidat Reconquête! souhaite aussi faire des émerger des solutions françaises de Cloud et de cybersécurité. Il veut aussi investir dans les technologies modernes comme l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les semi-conducteurs dans une optique de souveraineté.

Au sujet de la cybersécurité, Éric Zemmour veut protéger les données personnelles et les données sensibles du secteur public et privé en obligeant leur hébergement sur des serveurs situés en France. Il souhaite également organiser des  » États généraux des réseaux sociaux et numériques  » afin de protéger les plus jeunes contre le harcèlement, la pédophilie et l’incitation à la violence.

Dans la même optique, il veut mettre en place une loi imposant le contrôle parental sur tous les appareils numériques. Le but est d’empêcher l’exposition des mineurs aux sites violents et pornographiques.

Afin de fluidifier l’administration française, le candidat souhaite accélérer la numérisation des services de l’État pour permettre à tous les citoyens de faire leurs démarches administratives sur internet. Il promet aussi une connexion haut débit pour chaque Français et chaque entreprise.

Les entreprises ont besoin d’experts en numérique, et Zemmour veut répondre à cette demande en plaçant la programmation informatique au coeur du programme scolaire dès le secondaire. Les collégiens seront initiés au code, et des écoles publiques spécialisées seront créées.

Enfin, par souci d’inclusivité, le candidat Reconquête! veut imposer l’accessibilité aux personnes en situation de déficience visuelle ou cognitive dans tous les nouveaux appels d’offres d’outils numériques pour les entités publiques et les grandes entreprises.

Nicolas Dupont-Aignan : souveraineté numérique et GAFAM français

Nicolas Dupont-Aignan estime que  » l’inaction des différents gouvernements  » a gâché la maîtrise des technologies de télécommunication et l’excellence française en informatique. Le candidat de Debout la France veut rendre au pays sa souveraineté numérique  » au service de nos intérêts, de notre sécurité, mais aussi de notre culture « .

Sa principale proposition pour le numérique est de lancer un moteur de recherche qui serait l’équivalent d’un Google francophone. Il souhaite également créer des réseaux sociaux, des plateformes de streaming et un magasin digital d’applications et de contenus indépendants capables de rivaliser avec les services américains et chinois.

En ce qui concerne la cybersécurité, NDA veut obliger les dirigeants et hauts fonctionnaires ayant accès à des données sensibles à utiliser des moyens de télécommunication sécurisés pour éviter tout risque d’espionnage. Il souhaite également faire un moratoire sur l’exploitation des objets connectés, et une révision constitutionnelle afin d’assurer l’interdiction de traçabilité sur tout le territoire français sans consentement libre, éclairé et enregistré.

Afin d’éduquer tous les Français à l’informatique, Nicolas Dupont-Aignan veut délivrer une formation et un accompagnement continu au numérique, adapté et efficace pour tous. Il compte notamment prendre l’illectronisme. Dès le collège, le candidat veut une excellence numérique.

Pour permettre à la France de rester une grande puissance du numérique, il souhaite protéger les chercheurs, startups et grandes entreprises des partenariats transnationaux forcés et des acquisitions étrangères. La mesure proposée est la reconstruction de chaînes souveraines et de filières complètes jusqu’à la commercialisation mondiale.

Ceci concerne les secteurs de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, de l’optique et de l’informatique quantique. Le candidat souhaite également créer une Agence européenne de l’informatique quantique, pour rivaliser avec la Chine et les États-Unis sur cette technologie d’avenir. La souveraineté et la puissance française sont donc les maîtres mots du programme de Nicolas Dupont-Aignan.

Yannick Jadot : un numérique inclusif, européen et démocratique

Pour Yannick Jadot, la priorité est de «  réconcilier le dynamisme des entreprises, leur capacité d’innovation avec l’intérêt général « . Il estime que l’innovation doit avant tout servir la société.

Sa principale proposition est la création d’un  » Buy European Tech Act « . L’objectif d’une telle loi serait de favoriser les entreprises européennes au sein des marchés publics. Une autre mesure chère au candidat écologiste est l’interdiction des écrans numériques publicitaires, afin de supprimer la consommation énergétique superflue.

En outre, Yannick Jadot souhaite démocratiser l’accès au numérique. Il propose le déploiement de la fibre et du réseau mobile sur tout le territoire, le Wifi gratuit dans tous les bâtiments publics, la mise en place de  » tarifs très sociaux  » pour les équipements numériques, et la formation des personnes en difficulté aux outils numériques. Le candidat compte également enseigner l’utilisation des réseaux sociaux à l’école afin d’éviter les dérives, et généraliser les pratiques du numérique inclusif.

La cybersécurité est une autre priorité de son programme. Il propose la création d’un organisme dédié à la transparence et à l’éthique des algorithmes, dont le rôle sera d’alerter sur les logiciels et algorithmes néfastes pour les libertés et la vie privée. Une autre mesure est le renforcement des moyens de lutte conte la cybercriminalité, le harcèlement et la haine en ligne.

Enfin, afin de permettre à l’Europe de rester compétitive face aux géants américains et chinois, Yannick Jadot veut défendre le droit d’auteur et l’exception culturelle face aux géants du numérique. Il souhaite aussi organiser un débat européen sur l’émergence d’un écosystème numérique diversifié, déconcentré et démocratiquement contrôlé avec de nouvelles normes européennes anti-trust.

Valérie Pécresse : armée de talents et souveraineté numérique

Pour Valérie Pécresse, le numérique doit être une filière souveraine. Elle propose donc de «  faire grandir nos talents et nos entreprises « , notamment par le lancement d’un grand plan visant à former 1 million de talents d’ici 2030.

Dès la classe de seconde, un grand rendez-vous serait organisé pour repérer les jeunes talents et les emmener vers les métiers du numérique en les orientant vers des filières générales ou professionnelles adaptées, puis vers des écoles d’ingénieurs ou des BTS. La candidate LR souhaite aussi la création d’une  » École nationale du numérique « , et la reconversion de 50 000 fonctionnaires et demandeurs d’emploi aux métiers du numérique.

Dans une optique de souveraineté, Valérie Pécresse propose aussi de faire voter une loi  » souveraineté et responsabilité numérique «  dès la première année de son mandat. Cette loi couvrira les infrastrustrucres, les logiciels, les algorithmes, la protection des données et la cybersécurité. Elle veut aussi créer un Haut conseil à la souveraineté économique et numérique pour protéger les entreprises numériques.

La candidate comme aussi développer un Cloud souverain pour l’horizon 2030. Enfin, elle souhaite que 50% de la commande publique en logiciels et algorithmes passe par des fournisseurs français et européens.

Soucieuse de l’environnement, Valérie Pécresse propose aussi des mesures écologistes. Elle veut que les Data Centers français soient neutres en carbone à l’horizon 2030, et mettre en place un  » chèque récupération  » de 10 euros pour l’achat d’un téléphone recyclé ou 50 euros pour un ordinateur recyclé.

Anne Hidalgo : le domptage des réseaux sociaux

Anne Hidalgo intègre le numérique parmi les  » quatre grandes odyssées  » visant à réindustrialiser le pays. Sa proposition principale est la création d’une commission nationale de suivi des réseaux sociaux, auprès du Défenseur des droits. Le but serait de  » dénoncer les sociétés qui ne respectent pas les lois françaises et engager des poursuites pénales contre les réseaux qui continueraient à tolérer le harcèlement en ligne et les discriminations « .

La candidate socialiste souhaite aussi lutter contre la fracture numérique en investissant dans les infrastructures. Dans une optique d’inclusivité, elle veut aussi organiser des états généraux de la pédagogie dès 2022 pour réfléchir aux nouveaux apprentissages à l’école et notamment aux nouveaux langages du numérique. Elle compte aussi généraliser les formations en alternance post-bac dans plusieurs secteurs, dont le numérique.

L’actuelle Maire de Paris veut aussi encourager la sobriété numérique en développant des filières de réemploi et de reconditionnement d’équipements numériques avec TVA réduite, une charte de réduction d’empreinte carbone des Data Centers, et une réduction des ondes ambiantes via la libération progressive des fréquences obsolètes. Enfin, elle propose une taxe sur les géants du numérique à l’échelle de l’Union européenne.

Jean-Luc Mélenchon : protection des données et lutte contre les GAFAM

Jean-Luc Mélenchon estime que «  la révolution numérique est une chance immense pour l’humanité « . Selon lui, ce vent d’innovation peut «  permettre un développement humain, scientifique et démocratique inédit à condition de ne pas laisser faire les multinationales qui veulent l’accaparer pour leurs seuls profits « .

La France Insoumise propose plusieurs mesures consacrées au numérique. Le parti souhaite notamment créer un centre national du jeu vidéo, estimant qu’il s’agit du domaine culturel dans lequel la France excelle à l’heure actuelle. L’objectif serait d’exploiter ce potentiel par le développement d’une filière publique de formations dans ce domaine.

On peut cependant douter que Jean-Luc Mélenchon soit réellement passionné de jeu vidéo. Sa vision de cette industrie est probablement superficielle, et le but de ces mesures est plutôt d’inciter les plus jeunes à voter pour lui.

Très attaché à l’égalité, Jean-Luc Mélenchon souhaite garantir le droit à un accès minimal gratuit à Internet. Comme Emmanuel Macron, il veut aussi finaliser la couverture numérique de la France en fibre optique d’ici 2025.

Toujours dans l’optique de lutter contre le monopole des GAFAM et des entreprises privées, le candidat veut passer sous contrôle public les infrastructures du numérique et des télécommunications. Il insiste aussi sur le refus de la censure privée sur les réseaux sociaux opérée par les GAFAM.

Le candidat LFI veut aussi créer une mission nationale de maîtrise de l’intelligence artificielle, et une fonderie pour microprocesseurs. Il veut également rétablir la propriété française publique sur Alcatel Submarine Networks.

Pour la protection des données personnelles, JLM veut doter la CNIL de moyens de contrôle plus efficaces et constitutionnaliser le droit au chiffrement des données et des communications. En outre, il veut garantir l’hébergement des données des services publics français et des entreprises essentielles sur des serveurs situés en France et soumis au droit français.

Soucieux de l’environnement, Jean-Luc Mélenchon propose enfin de réduire l’impact écologique du numérique. Cela passerait par le biais d’une réglementation sur l’obsolescence programmée, de politiques incitatives sur le low-code, et d’un indice carbone sur le web.

Fabien Roussel : lutte contre le harcèlement et l’impérialisme numérique

Pour Fabien Roussel, la priorité en matière de numérique est de protéger les jeunes des dangers d’Internet. Sa proposition principale est de faire de la lutte contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement une  » grande cause nationale « . Ceci passerait notamment par une meilleure éducation au numérique afin d’éviter les dangers des réseaux sociaux.

Le candidat communiste veut aussi contraindre les plateformes numériques à coopérer avec la justice, et à supprimer les contenus violents, haineux et discriminatoires. Sa grande priorité est donc la protection des Français contre les dangers du web.

Il souhaite aussi protéger «  l’art et la création de la domination de l’industrie numérique nord-américaine, qui pille leur contenu et les uniformise « . En outre, le candidat propose de mettre un terme à l’opacité des algorithmes des plateformes. Il veut aussi créer une loi pour conférer un statut et des droits sociaux pour les travailleurs et travailleuses des plateformes numériques.

Marine Le Pen, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou : les candidats qui négligent le numérique

Pour les autres candidats à l’élection présidentielle 2022, le numérique n’est pas une priorité. Leurs programmes contiennent peu de mesures liées à cette thématique, ou tout simplement aucune.

De son côté, Jean Lassalle veut créer une nouvelle discipline de maîtrise des outils numériques avec notamment un Capes spécifique. Il souhaite aussi étendre la couverture en téléphonie, en fibre optique et en 4G sur tout le territoire pour désenclaver les campagnes.

La seule mesure proposée par Marine Le Pen est la création de géants français et européens du numérique pour remplacer les GAFAM. En revanche, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou n’abordent tout bonnement pas ce sujet.

Alors, quel programme numérique vous séduit le plus ? Partagez votre opinion en commentaire !



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