Personnalités & experts réagissent à la feuille de route Maroc-Espagne

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez lors du point de presse organisé à l’issue de sa visite au Maroc le 7 avril 2022.

S.M. le Roi Mohammed VI a joué un rôle «déterminant et constructif» dans l’ouverture d’une nouvelle étape du partenariat maroco-espagnol, a affirmé, jeudi soir à Rabat, le Président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Arrivé jeudi au Maroc pour une visite dans le Royaume sur invitation du Souverain, le haut responsable espagnol a qualifié de moment historique la nouvelle étape dans les relations entre le Maroc et l’Espagne. Des personnalités et experts de la relation Maroc-Espagne donnent leur lecture de la nouvelle feuille de route qui doit guider l’”édification d’une nouvelle étape dans leur relation bilatérale”.

 

 

Entretien avec Mohammed Loulichki, Senior Fellow au Policy center et ancien ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies
«L’accent mis sur les principes et sur les règles de conduite dans cette déclaration a pour objectif de mettre les relations bilatérales à l’abri des malentendus»

Le Matin : Le Maroc et l’Espagne entament une nouvelle étape dans leurs relations bilatérales. Comment voyez-vous cette nouvelle étape et quels seront ses principaux traits ?

Mohammed Loulichki : Le communiqué conjoint du 7 avril souligne que le nouveau partenariat entre Madrid et Rabat s’inscrit dans une étape qui est fondée sur un socle de valeurs bien précises. Il s’agit notamment du respect mutuel, de la confiance réciproque, de la concertation, du dialogue permanent, du respect et de la mise en œuvre des engagements et des accords signés. Nous avons là les bases pour construire de nouvelles relations bilatérales. Le respect de ces valeurs permettra de garantir une mise en œuvre effective de cette démarche et de cette vision désormais commune.

Dans cette déclaration conjointe, il y a un point très important. C’est celui prévoyant de mettre en place des mécanismes de suivi. Il a été décidé en effet par S.M. le Roi et le Président du gouvernement espagnol de désigner un comité chargé de la mise en œuvre de la déclaration. Et à l’intérieur même de ce document, des mécanismes ont été également institués. Je peux donner l’exemple du Groupe de travail sur les questions culturelles et de sport, de la réactivation de la Fondation des droits culturels… donc, non seulement il y a des engagements et des valeurs qui fondent et qui sont sous-jacentes à cette nouvelle vision, mais il y a aussi des mécanismes pour en assurer le suivi et garantir la pérennité de ce partenariat. On peut en conclure qu’il y a une étape extrêmement prometteuse qui s’ouvre dans les relations entre les deux pays et à travers les deux, entre les deux rives de la Méditerranée. C’est une étape qui permettra un saut qualitatif dans les relations bilatérales, dans le partenariat que les deux pays veulent désormais construire avec un nouvel état d’esprit.

La déclaration conjointe publiée à l’issue de la visite de M. Sanchez au Maroc souligne que «Les sujets d’intérêt commun seront traités dans un esprit de confiance, dans la concertation, loin des actes unilatéraux ou du fait accompli», quelle lecture faites-vous de ce passage ?

L’accent mis sur les principes et sur les règles de conduite dans cette déclaration a pour objectif de mettre les relations bilatérales à l’abri de secousses, des complications et des malentendus. Lorsqu’on parle de confiance, on balaie d’abord tout esprit de méfiance et on chasse les idées préconçues et les préjugés. Le mot concertation, étymologiquement, veut dire une discussion pour aboutir à un accord, donc dialoguer pour pouvoir construire ensemble.
Cette concertation se base sur trois fondements. Premièrement la mise en commun de l’information. Si le Maroc dispose d’une information qui concerne l’Espagne, il n’hésitera pas à la partager. Le deuxième point, c’est d’essayer de convaincre l’autre partie d’accepter une décision ou une vision. Quant au troisième objectif, c’est une co-construction de l’action qui est animée par cette concertation permanente et par cette confiance établie. Dans ce dernier point, il faut préciser que chaque pays peut prendre des décisions unilatérales, mais pas quand cette décision impacte un autre pays voisin, de surcroît un pays partenaire sur tous les plans et avec lequel on partage beaucoup de choses.
Tous ces éléments garantissent la sécurité des relations bilatérales, leur pérennité, et jettent les bases d’une construction commune de partenariat qui peut rejaillir positivement non seulement sur les deux pays, sur les deux peuples, mais également sur leur région, qu’il s’agisse de la profondeur stratégique du Maroc qui est l’Afrique ou de la communauté européenne qui est justement le groupement auquel appartient l’Espagne. Cette confiance, cette concertation et ce dialogue permanent ne devraient pas se limiter au gouvernement et je pense que S.M. le Roi Mohammed VI les a conçus de cette manière : il faut inclure les Parlements, les partis politiques et la société civile qui peut jouer un rôle clé dans l’édification de ce nouveau partenariat stratégique.

L’Espagne a apporté son soutien au plan marocain d’autonomie, quel sera l’impact de ce soutien sur la question du Sahara marocain ?

Avant d’évoquer l’impact de cette décision, il faut rappeler d’abord que le communiqué conjoint reconnaît que la question du Sahara est importante pour le Maroc, pour S.M. le Roi, pour le peuple marocain et pour le gouvernement. Le consensus national sur cette question en dit long sur cette importance et cette centralité de la question du Sahara. Le communiqué précise que «L’Espagne reconnaît l’importance de la question du Sahara pour le Maroc ainsi que les efforts sérieux et crédibles du Maroc dans le cadre des Nations unies pour trouver une solution mutuellement acceptable».

Ce soutien revêt une importance à plusieurs titres. Il conforte la décision américaine qui reconnaît non seulement la marocanité du Sahara, mais l’exclusivité de l’autonomie comme cadre de règlement. Il conforte aussi le pas en avant fait par l’Allemagne et il faut le souhaiter, il aura un impact sur les pays de l’Union européenne, qui ont des autonomies à géométrie variable sur leur territoire et qui devront objectivement être parmi ceux qui confortent l’initiative marocaine.
La décision est importante également compte tenu du statut de l’Espagne qui est un pays qui connaît l’histoire et les liens du Maroc avec son Sahara. Vis-à-vis de l’ONU, Madrid est l’ancienne puissance administrante, avec des responsabilités prévues par la Charte de l’ONU. Madrid est aussi membre du cercle des amis du Sahara et fait partie des pays qui ont été prioritairement consultés lorsque les Américains ont présenté le premier jet de leur projet de résolution sur le Sahara marocain. Aussi il ne faut pas négliger l’impact que peut avoir la décision sur les pays latino-américains, qui suivront l’Espagne qui connaît bien cette problématique et les détails de ce conflit artificiel.

Propos recueillis par H.O.

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Mustapha Sehimi : «La déclaration conjointe est un engagement d’État à État avec une forte charge politique et symbolique»

Rabat et Madrid ouvrent un nouveau chapitre dans leurs relations bilatérales. Les deux pays entendent établir une feuille de route durable et ambitieuse reposant sur 16 éléments allant de la reconnaissance par Madrid de l’importance de la question du Sahara pour le Maroc et des efforts sérieux et crédibles que le Royaume déploie dans le cadre des Nations unies pour trouver une solution mutuellement acceptable, aux échanges sur la mise à jour du traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération de 1991. Comment interpréter cette nouvelle feuille de route ? Voici l’analyse de Mustapha Sehimi, professeur de droit et politologue.
 

La Déclaration conjointe qui a été adoptée aux termes des discussions entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président du gouvernement espagnol est un texte important dans la mesure où elle est éminemment politique. Jusqu’à présent, il y avait un capital important de relations commerciales et économiques entre les deux pays, attesté par les échanges commerciaux (l’Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc avec 16 milliards de dollars en 2021). Cependant, cette importante dimension économique n’a pas pu conduire à une stabilisation des relations politiques, comme en témoigne la forte crise ayant perturbé les relations bilatérales depuis près d’un an. Dès lors, le problème posé était de savoir comment stabiliser et promouvoir ces relations de coopération et de partenariat sur la base des intérêts communs (d’ordre économique), mais aussi sur une adhésion partagée à un rapport politique privilégié.

Ce qui a fait défaut à ces relations bilatérales, c’est un cadre institutionnel et politique permettant de suivre et d’amortir les conjonctures difficiles que les relations entre les deux pays peuvent traverser. Il y a donc eu cette évolution majeure, précisément dans le domaine politique, avec cette déclaration conjointe. En effet, cette déclaration est particulièrement intéressante, car il s’agit d’un engagement d’État à État qui découle de la politique de la main tendue et d’ouverture du Souverain, telle qu’elle a été exprimée dans le Discours Royal du 20 août dernier et qui a été reprise par le Roi d’Espagne dans son Discours devant le Corps diplomatique accrédité en Espagne le 17 janvier dernier. Il convient d’insister sur ce point, parce qu’il s’agit d’un dossier suivi par les deux Souverains qui témoignent d’une volonté commune, étant entendu que S.M. le Roi Mohammed VI a depuis le départ précisé qu’Il suivait ce dossier personnellement et de très près. Voilà pourquoi il s’agit d’un engagement d’État à État avec une forte charge politique et symbolique. Maintenant, en recevant le Président du gouvernement espagnol, le Souverain reçoit le Chef de l’Exécutif qui a la plénitude des politiques publiques et les choses se placent ainsi à un autre niveau. Le Souverain a, en effet, fait un geste dans ce sens en recevant M. Sanchez dans le cadre d’un Iftar, ce qui constitue un geste familial, d’intimité et de proximité, d’ordinaire réservé aux Chefs d’État suivant le protocole traditionnel. C’est une manière de créer un lien fort entre les deux pays. Après avoir établi ce cadre et l’avoir précisé dans la Déclaration conjointe, il faut maintenant aller au-delà, c’est-à-dire qu’il faut traduire cette volonté politique exprimée de la manière la plus officielle par des mesures concrètes.

Cette Déclaration conjointe définit 15 domaines où les deux pays sont appelés à prendre certaines mesures et initiatives, lesquelles peuvent être scindées en deux séries : il y a ceux portant sur des mesures immédiates (pleine normalisation de la circulation des personnes et des marchandises, le rétablissement des liaisons maritimes, l’opération Marhaba, etc.) et d’autres qui regardent des mesures devant aller plus loin dans l’approfondissement et la promotion des relations bilatérales (tout ce qui est prévu dans cette déclaration pour élargir le champ de la coopération et du partenariat privilégié). Cette Déclaration conjointe va, de surcroît, plus loin parce qu’elle veut asseoir la nouvelle ère des relations bilatérales sur une base conventionnelle, dans ce sens où on évoque la mise à jour du traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération, de 1991. Donc, il y a là autant d’éléments importants qui sont de nature à assoir les relations entre Rabat et Madrid sur de nouvelles bases, régies par des principes auxquels a adhéré pleinement l’Espagne, dont une réorientation stratégique de sa politique pour ce qui est du Sahara marocain. Madrid a en effet adopté sur ce plan-là une position novatrice et courageuse qui prend en compte ses intérêts supérieurs et qui vise à redéployer la diplomatie espagnole sur de nouvelles bases.

Cette position est susceptible d’être prise en compte aux niveaux régional et international pour les raisons suivantes : • Il s’agit d’un nouveau type de rapport qui peut être exemplaire et incitatif pour ce qui est des relations, non seulement entre les deux pays, mais entre les pays de la rive nord et de la rive sud de la Méditerranée. Cela peut avoir des effets d’entraînement et peser sur ce qui pourrait être la politique de l’UE en direction du Maroc, du Maghreb et même des pays africains. • Le co-développement et la prospérité partagée, dont on parle à Bruxelles, en particulier pour ce qui est des rapports avec Paris, prennent aujourd’hui un sens et une dimension qui sont particuliers. Cela devrait conduire les autres pays de l’UE à s’inspirer de ce nouveau type de relations entre le Maroc et l’Espagne. Il y aura un effet d’irradiation de ce nouveau type de rapports non seulement entre un pays du Nord, membre de l’UE, et un pays du Sud, mais aussi d’irradiation quant à une recomposition géostratégique qui est en train de se faire pour le monde d’aujourd’hui.

Propos recueillis par H.O.

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Abdelmalek Alaoui, président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique
La décision de l’Espagne sur le Sahara «répare une injustice»


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La décision prise par le gouvernement espagnol de reconnaître l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc comme étant la base «la plus sérieuse, réaliste et crédible» pour la résolution du différend autour du Sahara «vient réparer une injustice qui n’a que trop duré», a souligné le président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS), Abdelmalek Alaoui. «La décision espagnole redresse une position que nous avons considérée comme déséquilibrée et injuste pendant des décennies. En somme, l’Espagne vient de réparer une injustice qui n’a que trop duré», a relevé M. Alaoui dans un entretien au journal électronique espagnol «El Independiente». «L’Espagne a finalement compris que la meilleure solution pour résoudre le conflit est le plan d’autonomie marocain, car il s’agit d’une forme d’autodétermination», a précisé M. Alaoui, ajoutant qu’«il y a des dynamiques internes à la politique espagnole qui ont sans doute contribué à cette décision». «Le fait que l’Espagne elle-même ait récemment été confrontée au séparatisme, qu’elle a fermement combattu, a peut-être fait prendre conscience à Madrid qu’il n’est plus possible de défendre en interne une position qui n’est pas compatible avec une doctrine de politique extérieure», a-t-il estimé, notant que «c’est avant tout un souci de cohérence qui a déclenché cette décision, même si des facteurs conjoncturels ont pu intervenir». Pour le président de l’IMIS, «Madrid a changé de position parce qu’elle sert ses intérêts, qui sont de reconstruire un partenariat avec un pays pionnier de la région et une porte d’accès à l’Afrique subsaharienne». Dans ce sens, M. Alaoui considère que la décision prise par le gouvernement espagnol est «de facto» une reconnaissance de la marocanité du Sahara, précisant que, pour Madrid, «la seule solution est le plan d’autonomie, ce qui exclut donc toute autre solution». «Je pense que la lettre de Pedro Sánchez était très claire : l’Espagne souhaite un partenariat renouvelé avec le Maroc et veut mettre fin à toute forme d’ambiguïté afin de construire l’avenir», a conclu M. Alaoui.
 

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Yasmine Hasnaoui, professeure en sciences politiques à l’American University Kuwait
S.M. le Roi Mohammed VI a joué un rôle décisif dans l’ouverture de cette nouvelle phase du partenariat Maroc-Espagne

Le Maroc et l’Espagne, conscients de l’ampleur et de l’importance des liens stratégiques qui les unissent sur plusieurs niveaux ainsi que des aspirations légitimes des deux peuples pour un bon voisinage, ont inauguré une étape inédite dans leurs relations bilatérales, a assuré la professeure en sciences politiques Yasmine Hasnaoui. «Il faut dire que S.M. le Roi Mohammed VI a joué un rôle décisif dans l’ouverture de cette nouvelle phase du partenariat entre les deux pays et dans la démarche ayant permis de tourner la page des divergences avec le voisin du Nord», a-t-elle souligné.

Dans une déclaration accordée au «Matin», l’enseignante à l’American University Kuwait a affirmé que l’Espagne a décidé de s’aligner sur le message de la diplomatie marocaine qui demandait depuis toujours une position transparente et claire de la part de Madrid en ce qui concerne la question du Sahara marocain. Rabat a également toujours insisté sur l’importance d’un partenariat d’égal à égal à tous les niveaux. Réitérant leur volonté d’ouvrir une nouvelle page dans leurs relations en mettant en place une feuille de route basée sur le principe du dialogue, de la transparence et du respect mutuel, les deux pays préparent le terrain pour atteindre des résultats exceptionnels en matière de coopération bilatérale, a-t-elle précisé. S’agissant de la question du Sahara, l’universitaire a affirmé qu’en soutenant le plan marocain d’autonomie au Sahara, l’Espagne a mis fin à des décennies de neutralité.

Ce changement substantiel de doctrine confirme un changement des rapports de forces en Europe, a-t-elle souligné. «Après l’Allemagne et la France, c’est l’Espagne qui reconnaît le sérieux et la crédibilité de l’initiative du Maroc», précise Mme Hasnaoui. Mettant en avant les mutations géopolitiques dans la région et qui ont joué en faveur du Maroc, la spécialiste de sciences politiques a affirmé que la décision de Madrid aura un impact sur d’autres pays européens qui entameront la même démarche en vue de reconnaître la crédibilité et le sérieux de la proposition marocaine. Revenant sur les détails de la déclaration conjointe publiée à l’issue de la visite du Chef du gouvernement espagnol au Maroc, la professeure de sciences politiques à l’American University Kuwait a souligné qu’il s’agit là d’une phase prometteuse dans plusieurs domaines stratégiques et notamment la coopération énergétique, la gestion des flux migratoires et la lutte antiterroriste. Par ailleurs, «la coopération économique constitue la principale locomotive des relations entre les deux pays dans cette nouvelle phase», a conclu Mme Hasnaoui.

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Zakaria Abouddahab, professeur de relations internationales à l’Université Mohammed V de Rabat
«La nouvelle feuille de route propulsera le partenariat maroco-espagnol à des niveaux très avancés»

Il s’agit d’une étape cruciale dans les relations entre le Maroc et l’Espagne, l’aboutissement de longues tractations et dont Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été le principal superviseur, estime Zakaria Abouddahab, professeur de relations internationales à l’Université Mohammed V de Rabat. «Aujourd’hui, et suite à la visite du Président du gouvernement espagnol, M. Perdo Sanchez, et à la réception qui lui a été réservée par S.M. le Roi, on peut dire que nous assistons à un tournant stratégique dans les relations entre Rabat et Madrid et que la nouvelle feuille de route propulsera le partenariat maroco-espagnol à des niveaux très avancés. Il s’agit de l’aboutissement d’une démarche proactive du Maroc, qui a été clair dans son mode opératoire en exigeant de l’Espagne de clarifier sa position, notamment sur la question de l’intégrité territoriale, c’est-à-dire la marocanité du Sahara», explique cet expert. Et d’ajouter : «Je crois donc que les efforts ont porté leurs fruits. Et les deux pays se sont rencontrés sur un nombre de points interdépendants qui les interpellent, ce qui nous autorise aujourd’hui à considérer que les relations entre le Maroc et l’Espagne ont pratiquement apuré tout leur passif (au sens géopolitique)».

La déclaration conjointe adoptée à l’issue des entretiens que M. Pedro Sanchez a eus avec S.M. le Roi Mohammed VI, jeudi 7 avril, constitue d’abord une feuille de route substantielle, qui a été précédée par le rappel de plusieurs fondamentaux devant guider la relation future entre le Maroc et l’Espagne, et notamment l’interdiction de l’adoption de toute mesure unilatérale, le respect mutuel, la transparence, le respect des engagements, précise M. Aboueddahab. Cette déclaration, ajoute-t-il, inclut en effet beaucoup de points, notamment la coopération sectorielle et la mise en place d’une commission qui va s’atteler à exécuter durant pratiquement trois mois les points cruciaux comme la gestion des espaces maritimes, l’organisation de l’opération Marhaba, la coopération culturelle, la redynamisation du processus de Rabat concernant la question migratoire, etc.). «Il s’agit donc en l’occurrence d’une feuille de route substantielle qui va être suivie d’effets et nous allons assister dans les prochains mois, après la constitution d’une commission conjointe chargée d’implémenter la déclaration conjointe d’hier, à l’élaboration d’accords de nouvelle génération», conclut le professeur de relations internationales.

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La presse espagnole se fait largement l’écho de la nouvelle feuille de route établie pour les relations entre Rabat et Madrid

Dans la presse espagnole, la visite effectuée jeudi par le Président du gouvernement au Maroc, à l’invitation de S.M. le Roi Mohammed VI, a recueilli un large écho. Ce déplacement de Pedro Sanchez marque, pour les publications du voisin ibérique, le lancement d’une feuille de route visant à faire évoluer les relations bilatérales. «El Pais» souligne à cet égard que «l’Espagne et le Maroc amorcent une nouvelle étape» dans leur relation, indiquant que Pedro Sanchez et S.M. le Roi Mohammed VI ont convenu de mettre en œuvre une feuille de route devant guider la «construction d’une nouvelle étape dans leur relation bilatérale».

Ce nouvel élan de coopération se traduit par la tenue d’un sommet bilatéral avant la fin de l’année, ajoute «El Pais» qui relève que la visite du Chef du gouvernement espagnol au Maroc «a permis de mettre en œuvre la réconciliation entre les deux voisins après 10 mois de crise diplomatique». Dans «La Vanguardia», on peut lire que «l’Espagne et le Maroc inaugurent une nouvelle phase de détente pour dépasser la crise». La visite de Pedro Sanchez au Maroc a scellé «le début d’une nouvelle relation entre l’Espagne et le Maroc qui met fin aux longs mois de crise diplomatique et de tension politique entre les deux voisins», ajoute le journal. Pour sa part, le quotidien «La Razon» écrit que la visite de Pedro Sanchez au Maroc, accompagné du ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a marqué «le début d’une nouvelle phase entre les deux pays». «La Razon» précise que l’objectif de la visite de Sanchez est atteint, à savoir le lancement de la feuille de route qui consolide la nouvelle relation, «une feuille de route ambitieuse, digne de deux pays voisins et partenaires stratégiques».

Le site d’information «Niusdiario.es» abonde dans le même sens et écrit que Sanchez ouvre «une nouvelle relation historique» avec le Maroc à Rabat. «Aujourd’hui est un grand jour», «c’est un moment historique», «nous établissons un esprit de coopération authentique», «une nouvelle étape dans la relation entre l’Espagne et le Maroc». «Un véritable partenariat pour le 21e siècle»… Le Président du gouvernement, Pedro Sanchez, a usé de tous les qualificatifs pour faire état des résultats de sa visite à Rabat, indique «Niusdiario.es». De son côté, le journal électronique «20minutos.es» affirme que la nouvelle «étape historique» entre l’Espagne et le Maroc est désormais une réalité. La visite de Sanchez au Maroc a permis de «clore définitivement (…) la crise diplomatique qui a éclaté entre les deux États il y a un an», écrit «20minutos.es» précisant que la nouvelle feuille de route entre le Maroc et l’Espagne repose sur des bases plus solides.
 

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Personnalités & experts réagissent à la feuille de route Maroc-Espagne

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